Petite Présentation

Petite Présentation
Dario (prénom prédestiné au cinéma de genre?)

fac de cinema

19 ans

n'hésitez pas à laisser vos commentaires positifs ou pas !!

Merci à Christina de m'avoir redonné l'envie de refaire un blog-ciné !!!

# Posté le lundi 01 décembre 2008 13:33

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 16:05

SOUDAIN LES MONSTRES, Directed by Bert.I.Gordon, 1976.

SOUDAIN LES MONSTRES, Directed by Bert.I.Gordon, 1976.
Titre : The Food of the Gods

Aka : Soudain... les monstres ;
Il Cibo degli dei
Genre : Rats géants (et autres !)
Pays : Canada / États-unis
Année : 1976
Durée : 85 min
Réalisateur : Bert I. Gordon
Acteurs : Marjoe Gortner, Pamela Franklin,
Ralph Meeker, Jon Cypher...

PLOT : Paumés au fin fond d'une île canadienne quasiment déserte, plusieurs personnes vont se retrouver attaquées par des guêpes géantes, avant de découvrir que l'île entière est peuplée d'animaux gigantesques... Mais ils ne sont pas au bout de leur surprise, tout va très vite tourner au cauchemar quand une horde de rats de 2 mètres de long va passer à l'attaque... Ces mutations sont dues à une étrange matière qui s'écoule d'une source mystérieuse et que la propriétaire d'une ferme de l'île mélangeait à la nourriture de ses animaux...

Ca faisait longtemps que je n'avais pas alignés deux films sur FX. Deux films que j'avais vus il y a fort longtemps. Mais voilà qui est fait, avec la soirée Bert.I.Gordon. Au programme : L'Empire des fourmis géantes (Empire of the Ants) et Soudain les Monstres (The Food of the Gods), deux adaptations du romancier H.G.Wells.

De Nombreux points communs unissent ces deux métrages: de petites bébêtes qui deviennent géantes, le message écologique d'une nature qui en marre d'être détruite et qui se rebelle, des acteurs stéréotypés, peu charismatiques, et des effets spéciaux catastrophiques. A partir de là le scénario s'organise globalement de la même façon : les bêtes devenues géantes sont agressives, et un petit groupe tente de se confiner ou de leur faire face, une bonne moitié se faisant dévorer, comme il se doit, avec ce qu'il faut de gore et d'effets ratés. Pourtant, malgré ces ingrédients de bases similaires, et après un début qui fait esquisser un sourire pathétique (gros plan sur un mégapoulet en plastique), Soudain Les Monstres dessine assez rapidement sa supériorité, de part ses dialogues à l'ironie tranchante, visant incontestablement les grands industriels irrespectueux de l'environnement, avides de richesses, et qui préfèrent encore mourir dévorés par les rats que perdre un seul centime. Gordon n'épargne pas la mauvaise foi de ce genre d'individus, se faisant piéger dans ses mensonges par un sportif un peu moins bête qu'à l'habitude, mais qui se la joue super héros horripilant. Le réalisateur tente une élaboration un peu vaine de ses personnages : la femme enceinte se lance dans un discours sur la peur de la mort, entre autre, mais au final, on ne prête réellement attention qu'aux élucubrations du vieil industriel cynique et de sa collègue. Les scènes d'actions sont elles aussi mal dégrossies, tout comme les effets spéciaux signé Bert.I.Gordon himself si l'on s'en remet au générique. Des effets ratés mais fort sympathiques, et d'ailleurs, si ils avaient été minutieusement réussis, ça n'aurait pas franchement apporté plus. Peut être même que cela aurait discrédité le film : le scénario, plutôt naïf, se marie mieux avec des SFX pas fameux. Vous me direz alors que ce film n'a pas grand-chose pour lui. Et pourtant il est attachant. Sa simplicité et sa facilité, ses défauts, lui confèrent une sympathie étonnante. A aucun moment ne m'est venue l'envie de couper la TV, ou de râler. Il est vrai qu'il nous fait souvent sourire, mais d'attendrissement. Pas d'ennuis donc, si l'on accepte rapidement cette production ultra-cheap en l'état, qui peut faire penser à Stuff : message écologique, petit budget et même producteur, Monsieur S.Z.Arkoff. La où Monsieur grosse bébête réussi son coup, c'est bien avec l'atmosphère : isolation géographique, campagne légèrement glauque, et bande son très bien adaptée : pas jolie, très classique, mais très efficace. Ces points forts sont également valables pour l'Empire des fourmis géantes; Et c'est précisément ce parfum typique aux quelques films de Monsieur Gordon que j'ai pu voir qui m'enivre. Et sans le côté fauché de la chose, je dois dire que l'attrait serait moindre. C'est éminemment cela qui fait le charme de ces petites productions très seventies : la grosse batterie de SFX et de scènes d'actions spectaculaires, aussi réalistes soient-elles, n'est décidément pas mon truc.
Pour finir largement mieux qu'il avait commencé (c'est aussi le cas de L'empire des Fourmis Géantes, mais dans une moindre mesure), Soudain les Monstres propose une réflexion sur le rapport de l'homme à la nature, et ce que son irrespect pourrait entraîner. La fin est d'ailleurs une hypothèse : la suggestion est de mise, et l'on imagine le pire.

Soudain les Monstres s'avère donc une bonne surprise, un film résolument fort sympathique, parfois même un peu angoissant, à défaut de proposer une qualité irréprochable sous tout rapports (ce qui fait précisément d'un film un objet impersonnel, quel chef d'œuvre n'a pas SON petit défaut ?). On peut sourire aux dialogues assez cinglants ou devant le ridicule du poulet géant, au choix. On peut aussi voir ce film comme un petit chef d'œuvre bien délirant, ou comme un innommable nanar. Messieurs-dames, regardez et choisissez !

# Posté le lundi 13 avril 2009 13:47

Neither the Sea, Nor the Sand, Directed by Fred Burnley, 1972.

Neither the Sea, Nor the Sand, Directed by Fred Burnley, 1972.
Un film de Fred Burnley
Avec : Susan Hampshire, Frank Finlay, Michael Petrovitch, Michael Craze.
année : 1972

PLOT : Une femme malheureuse en couple s'éprend d'un gardien de phare. Vivant un amour passionné, ils s'envolent vers l'écosse, mais l'amant décède brutalement.

Neither the Sea, Nor the Sand est une œuvre aussi méconnue dans notre contrée que son auteur, Fred Burnley, puisqu'elle ne fit pas l'objet d'une sortie en salle à l'époque, et reste inédite à ce jour en France, hormis en VHS (de langue française) tout de même.
Et comme tout ce qui est rare est alléchant, j'ai saisi l'opportunité de le voir lors de sa diffusion sur ciné FX : un film d'une simplicité étonnamment trompeuse, où la perception de la mort et du retour à la vie est abordée d'une manière assez étrange, et qui s'avère somme toute assez intrigant.

Au casting de cette production que l'on devine peu aisée, on retrouve la très mignonne Susan Hampshire, dans le rôle d'Annabelle (Anna), et Michael Petrovitch. La prestation de la dame est plus qu'honorable : le film repose quasiment sur elle. En revanche si Michael Petrovitch (Hugh) ne joue pas mal, loin de là, il n'impose que trop peu de charisme pour servir à fond cette histoire au romantisme noir, spécialement durant la deuxième partie. Si l'amour au-delà de la mort est au centre de ce petit film à l'ambiance assez étrange, presque envoûtante dans sa première partie, c'est l'attitude de l'homme face à la mort qui fascine, puisqu'elle est plutôt curieuse. Mort qui est ici personnifiée par le corps mobile de Hugh, matière palpable et visible : il s'agit plus communément de zombification, et non d'esprit, de fantôme. Arraché aux griffes de l'au-delà par l'amour que lui porte son amante Annabelle, le corps intacte et mutique de Hughes se contente de suivre docilement sa veuve, ne se nourrissant pas, à la manière des zombies fulcien, par exemple. D'où la nécessité pour lui d'emmener de l'autre côté ce qu'il est revenu chercher au plus vite. De retour à Jersey, le frère du mort-vivant diagnostique l'état de ce dernier, insensible à la douleur, et à tout ce qui peut blesser un corps vivant. Alors que les personnages classiques des films traditionnels du genre s'offusqueraient et s'interrogeraient sur ce phénomène, le frère du défunt prend l'affaire comme si elle était la plus naturelle et la plus courante qui soit en ce bas monde. Il y aurait d'ailleurs matière à cogiter sur cet aspect du film pour qui aime se prendre la tête, mais mieux vaut se laisser envoûter par les paysages britanniques et écossais, dépeints par une photographie soigneuse ; et s'abandonner à cette romance morbide. Même si Hugh est grimé en zombie du marécage des mort-vivants, pour ne pas dénoncer les maquillages verdâtres hilarants d'un certain film de monsieur Jean Rollin, la poésie est assez latente dans la deuxième partie qui mène à un final sans réelle surprise, mais superbe à tout point de vue. Le dernier plan de la mer constitue d'ailleurs un petit tableau de maître.
La BO n'est pas vraiment jolie, peut être un peu trop facilement romantique, mais bien qu'ayant mal vieillit, elle n'agace pas franchement.

Neither the Sea, Nor the Sand ne se contente donc pas d'arborer un titre élégant, et nous propose une réalisation classique mais classe, une actrice principale sensible et juste, une photographie magnifique et une atmosphère étrange, mais pas effrayante. Il en résulte un ensemble posé, soigné et solide. On passera donc sur les quelques longueurs que l'on peut éventuellement déceler, sans jamais pleurer sur cette histoire d'amour pas assez tragique, mais esthétique, originale et stylée. Un film rare à ne surtout pas manquer.

# Posté le dimanche 15 mars 2009 15:21

HORROR HOSPITAL, directed by Antony Balch, 1973.

HORROR HOSPITAL, directed by Antony Balch, 1973.
Année de production : 1973
Réalisateur : Antony Balch
Pays d'origine : Angleterre
Durée : 1h28

Jason Jones, un parolier et manager d'un groupe de rock qui ne supporte plus la pression de son métier, décide de prendre un peu l'air à Brittlehurst Manor, un sanatorium recommandé par une agence de voyages douteuse et situé dans la province anglaise. Dans le train qui le mène à son lieu de villégiature, il fait la connaissance de la charmante Judy Peters, une jeune fille venue rendre visite à sa tante Harris remariée au docteur Storm, responsable d'un célèbre hôpital. Arrivés tous deux au même endroit et accueillis par un majordome nain, ils remarquent alors de bien étranges phénomènes et pratiques comme : des patients très pâles et muets avec une énorme cicatrice sur le crâne, des lits tachés de sang, ainsi que des gardes portant casques et combinaisons de motard qui patrouillent sans cesse autour de l'hôpital.

Petit film annoncé sans prétention, issu de la décadence britannique des seventies, Horror Hospital surfe sur la vague du chirurgien fou, voulant encore une fois s'approprier la vie ou la pensée de ses congénères.

L'ouverture du film se fait sur un pseudo video clip rock introduisant le personnage principal, une sorte de mick Jagger grimaçant, symbole de la jeunesse hippie naissante : pas de doute, Horror Hospital risque fort de s'apparenter à certaines bizarreries olé-olé typiquement d'époque, telles le Madhouse de Jim Clark, avec Peter Cushing et Vincent Price, tourné un an après, ou encore à ce délire jouissif d'outre atlantique qu'est The Rocky Horror Picture Show, sorti en 1975. Robin Askwith, interprétant tant bien que mal le rockeur (il se contente de ressembler à Mick Jagger), va prendre un peu de repos sans le savoir à l'hopital de l'horreur, accompagné d'une jeune et jolie personne rencontrée dans le train, qui doit rendre visite à sa tante en ce même lieu. Gare perdue dans la campagne anglaise, pluie battante, demeure sinistre à souhait, nain étrange officiant comme domestique, Antony Balch met le paquet pour crée une atmosphère angoissante, mais n'y parvient pas : la mise en scène rappelle les sketchs de Francis Matthews (Dracula, Prince des Ténèbres) de la methodo d'anglais de l'époque, et les acteurs sont trop mauvais pour faire passer une quelconque angoisse. Pourtant, l'atmosphère atteint une lourdeur assez palpable mais éphémère, lorsque les deux jeunes gens aperçoivent un lit aux draps blancs souillés de sang, alors qu'on les conduit à leur chambre, à quelques pas de là. Pour qui voudrait croire à cette histoire, c'est sans doute la scène, avec la pré-générique, la plus malsaine et la mieux réussie. Sans cela, Horror Hospital est décidément un film à prendre au sixième degré. Mettez logique et réalisme de côté et souriez à l'humour peu corrosif de cette comédie parfois involontairement horrifique (je pense à la scène du drap), ou de ce film horrifique parfois involontairement comique (apparition de marécages parce qu'on a besoin de se débarrasser de quelqu'un, dans une forêt presque aride, zombies haltérophiles aux maquillages et aux repas plus que douteux), à vous de choisir. Vous l'aurez compris, ici l'on fait apparaître ou l'on créer les personnages au gré du besoin, on justifie rarement, on ne frissonne pas, on souri un peu. La consistance du scénario équivaut à celles des personnages, à l'exception peut être de celui du Docteur Storm, interprété par Michael Gough, un croisement de Peter Cushing et de Vincent Price mâtiné de Sacha Pitoeff et de Bill Nighy, certes moins classieux que ses modèles, mais plutôt efficace.

En l'état, si il préfigure des films comme lecultissime The Rocky Horror Picture Show, Horror Hospital est malheureusement pourvu d'une mise en scène ayant atrocement mal vieilli, d'acteurs proches du Z, d'effets « cheap » ; et d'autant de gros défauts qui masquent ses qualités pourtant non négligeables (les éclairages entre autres). Le refus du recourt à l'ambiance gothique britannique habituelle au profil du glauque et du bizarroïde est une bonne chose en soit ; non pas que les productions de la Hammer soient lassantes, loin de là l'idée, mais Antony Balch introduit ici une nouvelle ère beaucoup plus décontractée et moins glaciale que ce que fûrent les 60's. Bien que mineure et à mes yeux ratée, cette petite production peut mériter d'être visionnée à moindre coût si l'occasion vous en est offerte. Un cran en dessous du très moyen Madhouse (1974).

# Posté le mardi 10 mars 2009 12:08

Modifié le dimanche 15 mars 2009 07:29

Alexandro Jodorowsky's Santa Sangre, 1989.

Alexandro Jodorowsky's Santa Sangre, 1989.
Date de sortie : 1993 (fr)
Réalisé par Alejandro Jodorowsky
Avec Blanca Guerra, Axel Jodorowsky, Adam Jodorowsky
Film italien, mexicain. Genre : Drame
Durée : 2h 3min. Année de production : 1989
Interdit aux moins de 16 ans

Plot: Fenix est l'enfant d'une famille de forains. Son père possède un cirque où se produisent sa femme, mais aussi sa maîtresse et la fille de celle-ci, une jeune sourde muette.
Pendant la journée la mère de Fenix officie comme prêtresse dans l'église du sang sacré (Santa Sangre). Elle et ses disciples vouent un culte à une jeune fille qui aurait été violée et mutilée avant d'être laissée morte, dans une mare de sang. Malheureusement, l'église doit être détruite. Et ce ne sera pas le Monseigneur de l'église, venu pour constater la présence d'un lieu de culte, qui empêchera l'édifice d'être démoli. "Sacrilège !"

Mais la vie dans un cirque n'est pas aussi colorée qu'elle y paraît, et Fenix en a fait les frais : une nuit il est le témoin du meurtre de sa mère. Celle-ci, ayant surpris son mari en plein adultère, lui a aspergé l'entrejambe d'acide. Avant d'en mourir, le lanceur de couteaux a tranché les bras de sa femme pour se venger.
Impuissant devant le massacre de ses parents, Fenix restera marqué à vie...


Attention, perfection ! Voici donc le plus beau film gore que j'aie vu de toute mon expérience de jeune cinéphile. Talonné certes de près par un certain Suspiria, auquel il empreinte la splendeur des meurtres et l'horreur, ainsi que l'utilisation parfaite et jamais surchargée des couleurs et de la musique. Et d'ailleurs le chef d'œuvre d'Argento prête à celui de Jodorowsky un peu plus que ses qualités artistiques, puisque les deux métrages partagent le même producteur, Claudio Argento, le frère de Dario. A noter que Claudio a également participé au scénario de Santa Sangre.

De la première à la dernière image, Jodorowsky use de tout ces talents si rarement réunis et qui lui sont propres : ceux de conteur, peintre, marionnettiste, metteur et scène ou encore musicien. Simon Boswel, qui avait signé les thèmes principaux de nombreux films de Lamberto Bava, dont l'infâme mais non détesté Demon 2, laisse libre cours à son talent, livrant une musique toujours en accord parfait avec l'image, jamais trop présente, dégageant poésie et mélancolie. La scène de l'enterrement de l'éléphant, accompagnées des ces notes déprimées est tout simplement presque inhumaine de beauté lyrique et de splendeur. Jodorowsky magnifie la tristesse avec brio, utilisant un milieu poétique par excellence : celui du cirque. Les costumes confèrent finesse et magie à cette œuvre d'art extrême et brute, à la fois sublime et monstrueuse. Les meurtres, gores et cruels, dégagent une beauté nauséabonde, laissant se répandre l'hémoglobine par litres, et rappelant l'une des premières scènes visuellement marquante de l'œuvre, symbolisme du «sangre santa ». Et d'ailleurs, Jodorowsky se plait à jouer avec l'ambiguïté et le symbolisme, sans pour autant que son film sombre dans l'indéchiffrable : les allusions sexuelles, et notamment phalliques, sont très nombreuses. Si certains font parfois semblant de ne pas comprendre, il est impossible ici de passer à côté. La prostituée léchant un couteau venu se planter à côté de sa bouche en reçoit alors un autre à l'entrejambe, qu'elle caresse délicieusement. Cependant, Jodorowsky réussi le tour de force de faire de scènes et personnages vulgaires une toile de maître.
Et, sous ces apparences si belles et luxueuses, se cache un fond d'une remarquable agilité psychanalytique, dépeignant une âme humaine torturée, par l'intermédiaire du personnage de Fénix adulte. On soulignera l'incroyable perfection de l'acteur, qui n'est autre qu'Axel Jodorowsky, le fils du réalisateur. Félicitations également à l'interprète de Fenix enfant, un autre fils de Monsieur Jodorowsky ! La ressemblance marquée entre l'enfant et l'adulte contribue à la crédibilité donc, à croire qu'Alejandro avait tout planifié des années auparavant. Le personnage complexe de la mère, ainsi que les rapports incestueux et dominateurs de celle-ci ne sont pas laissés au hasard. L'actrice Blanca Guerra, au physique dur et envoûtant, forme une harmonie parfaite avec le personnage du fils, si bien qu'il nous arrive d'oublier que cette dernière n'a plus de bras.
Et pour aller jusqu'au bout de l'art, Jodorowsky pulvérise la frontière entre spectacle et film, lors des scènes de représentation au sein du cirque, majestueuses de délicatesse et de beauté à l'état pur.

Santa sangre est donc la synthétisation parfaite et harmonieuse du cinéma de Dario Argento, dont il reprend une beauté gore d'un autre ton mais au graphisme toujours aussi esthétique, et de l'univers ô combien singulier et poétique de Federico Fellini. Rappelant Tim Burton par sa beauté extravagante, il reste toutefois unique ; et à mes yeux, le meilleur long métrage de son auteur. On peut se permettre de ne pas aimer si l'on n'affectionne pas ce genre d'histoire, mais il est impossible de nier sans mauvaise foi l'extrême esthétisme dont ce film trop méconnu à su faire preuve ; et qu'aucun cinéaste n'a surpassé depuis.

# Posté le vendredi 12 décembre 2008 14:45

Modifié le dimanche 14 décembre 2008 13:58