Année de production : 1973
Réalisateur : Antony Balch
Pays d'origine : Angleterre
Durée : 1h28
Jason Jones, un parolier et manager d'un groupe de rock qui ne supporte plus la pression de son métier, décide de prendre un peu l'air à Brittlehurst Manor, un sanatorium recommandé par une agence de voyages douteuse et situé dans la province anglaise. Dans le train qui le mène à son lieu de villégiature, il fait la connaissance de la charmante Judy Peters, une jeune fille venue rendre visite à sa tante Harris remariée au docteur Storm, responsable d'un célèbre hôpital. Arrivés tous deux au même endroit et accueillis par un majordome nain, ils remarquent alors de bien étranges phénomènes et pratiques comme : des patients très pâles et muets avec une énorme cicatrice sur le crâne, des lits tachés de sang, ainsi que des gardes portant casques et combinaisons de motard qui patrouillent sans cesse autour de l'hôpital. Petit film annoncé sans prétention, issu de la décadence britannique des seventies, Horror Hospital surfe sur la vague du chirurgien fou, voulant encore une fois s'approprier la vie ou la pensée de ses congénères.
L'ouverture du film se fait sur un pseudo video clip rock introduisant le personnage principal, une sorte de mick Jagger grimaçant, symbole de la jeunesse hippie naissante : pas de doute,
Horror Hospital risque fort de s'apparenter à certaines bizarreries olé-olé typiquement d'époque, telles le
Madhouse de Jim Clark, avec Peter Cushing et Vincent Price, tourné un an après, ou encore à ce délire jouissif d'outre atlantique qu'est
The Rocky Horror Picture Show, sorti en 1975. Robin Askwith, interprétant tant bien que mal le rockeur (il se contente de ressembler à Mick Jagger), va prendre un peu de repos sans le savoir à l'hopital de l'horreur, accompagné d'une jeune et jolie personne rencontrée dans le train, qui doit rendre visite à sa tante en ce même lieu. Gare perdue dans la campagne anglaise, pluie battante, demeure sinistre à souhait, nain étrange officiant comme domestique, Antony Balch met le paquet pour crée une atmosphère angoissante, mais n'y parvient pas : la mise en scène rappelle les sketchs de Francis Matthews (
Dracula, Prince des Ténèbres) de la methodo d'anglais de l'époque, et les acteurs sont trop mauvais pour faire passer une quelconque angoisse. Pourtant, l'atmosphère atteint une lourdeur assez palpable mais éphémère, lorsque les deux jeunes gens aperçoivent un lit aux draps blancs souillés de sang, alors qu'on les conduit à leur chambre, à quelques pas de là. Pour qui voudrait croire à cette histoire, c'est sans doute la scène, avec la pré-générique, la plus malsaine et la mieux réussie. Sans cela,
Horror Hospital est décidément un film à prendre au sixième degré. Mettez logique et réalisme de côté et souriez à l'humour peu corrosif de cette comédie parfois involontairement horrifique (je pense à la scène du drap), ou de ce film horrifique parfois involontairement comique (apparition de marécages parce qu'on a besoin de se débarrasser de quelqu'un, dans une forêt presque aride, zombies haltérophiles aux maquillages et aux repas plus que douteux), à vous de choisir. Vous l'aurez compris, ici l'on fait apparaître ou l'on créer les personnages au gré du besoin, on justifie rarement, on ne frissonne pas, on souri un peu. La consistance du scénario équivaut à celles des personnages, à l'exception peut être de celui du Docteur Storm, interprété par Michael Gough, un croisement de Peter Cushing et de Vincent Price mâtiné de Sacha Pitoeff et de Bill Nighy, certes moins classieux que ses modèles, mais plutôt efficace.
En l'état, si il préfigure des films comme lecultissime
The Rocky Horror Picture Show,
Horror Hospital est malheureusement pourvu d'une mise en scène ayant atrocement mal vieilli, d'acteurs proches du Z, d'effets « cheap » ; et d'autant de gros défauts qui masquent ses qualités pourtant non négligeables (les éclairages entre autres). Le refus du recourt à l'ambiance gothique britannique habituelle au profil du glauque et du bizarroïde est une bonne chose en soit ; non pas que les productions de la Hammer soient lassantes, loin de là l'idée, mais Antony Balch introduit ici une nouvelle ère beaucoup plus décontractée et moins glaciale que ce que fûrent les 60's. Bien que mineure et à mes yeux ratée, cette petite production peut mériter d'être visionnée à moindre coût si l'occasion vous en est offerte. Un cran en dessous du très moyen
Madhouse (1974).